Imago

A última noite (transfigurada) na vida de uma velha senhora, apegada a suas migalhas, preces e lembranças.
Um filme sobre a dificuldade de se transformar.

A propos de mes intentions

Manipuler l’EMOTION, ces mécanismes qui souvent nous font pleurer, avoir peur, ou le nœud à la gorge, le “cafard”, cela doit être l’intention même de quelconque veille faire du cinéma.C’est, en tout cas, la mienne.

Maîtriser ces mécanismes: Juste à ce moment là, et parce qu’il y a un tel mouvement de caméra, ou la montée de la musique ou un trucage, juste à ce moment là, le spectateur va pleurer, va éclater de rire, son rythme cardiaque va changer. Pas parce que le personnage a dit une chose drôle, ou parce que une voix off nous annonce que ses enfants sont morts ou encore qu’il est allé chercher sa tronçonneuse.

Faire du cinéma, avec les instruments qui lui sont particuliers. C’est cette expérience que j’appelle un “exercice de style”. Ce que j’aimerais avoir l’opportunité de faire.

Il faudrait, à ce moment, annoncer quelques intentions de mise en scène. Il s’agit d’un exercice de style, où ce qui compte c’est de réussir à passer une certaine atmosphère. Une tentative expressionniste, gotique, où les ombres parlent plus que les personnages, où le décor, tout en N&B, et les perspectives obliques (caméra en plongée/ contre-plongée) jouent un rôle on ne peut plus important. Les très gros plans, les inserts, et les sauts de perspective sont admis. Un excellent décorateur et un story board sont assurés.

Juliana Reis

IMAGO – scénario

o
Des travellings, toujours très rapides, toujours linéaires, des trais, des angles droits, des très gros plans (endoscopiques), pendant la durée des génériques d’ouverture. Après dernier générique, l’inscription apparaît sur l’écran DIEU ECRIT DES MOTS JUSTES SUR DES LIGNES TORTUEUSES.
Fondu noir.

1
C’est la fin de la journée. Le cadre d’une fenêtre sale et vermoulue révèle un ciel lourd, faussement dégradé du gris au plomb. Une légère contre-plongée pour déformer un peu le cadre.

En pano, nous allons découvrir la petite pièce usée, mi-séjour, mi-chambre à coucher. Un canapé-lit couvert de vieilles broderies, une table à manger ronde et une grande armoire en bois, à moitié rongé par le temps résument le mobilier de la pièce. Un vieux poste télé noir & blanc, et son antenne pseudo satellite témoignent de notre siècle. Et partout des bibelots, des photos, des vieilles toiles dans des vieux cadres. A la fin d’un long mouvement de caméra, on aperçoit une vieille dame qui habite toute seule, dans un appartement aussi vieux qu’elle. Le personnage, ainsi que tout dans le décor, en ruines, essaye vainement de franchir le cap d’une journée de plus. Elle marche ou, mieux, elle traîne ses savates déchirées très lentement et dans une trajectoire sinueuse, à travers un couloir serré et sombre, glissant sa main sur un vieille reproduction d’un peintre académique 1coucou accroché au mur. Comme pour sentir l’odeur d’une poussière millénaire. Comme pour pousser les objets à survivre encore un peu avec elle.

Arrivant à la fin du couloir, la femme entre dans la cuisine. La caméra placée au couloir la voit sortir de champs (en contre-plongée), se faisant remplacer par elle même, en ombre chinoise, encore plus affligeante. La lumière est pauvre et vacillante.

Le bruit d’un couteau de pain dilacérant une baguette d’hier. A défaut d’un cri, le grognement de la vieille attire notre attention, sa silhouette se courbe davantage.
La caméra commence un travelling vers la cuisine, vers l’ombre tordue.

1.2
La vieille a le doigt dans la bouche et suce le petit filet de sang qui coule encore vers le dos de sa main. Ensuite, elle caresse la table en essayant de ramasser chaque miette pour finir son repas.
Soudain, elle ouvre des grands yeux, joint tous les restes de pain dans les mains qu’elle approche de sa poitrine et recule, prise de panique.

1.3
En contre-plongée (subjective de la vieille/ très gros plan), on découvre un gros cafard, gros comme un doigt. La bête remonte (la caméra la suit en montée vertical) par la parois décollée du petit placard en formique, arrive au sommet du plan de travail, venu disputer quelques restes de la croûte de pain. En off, les protestations de la vieille donnent du courage à l’insecte qui avance par des petits coups vers elle.

Vieille (off)
Non! Non! Non!

1.4 (idem 1.2)
Ne trouvant rien pour se défendre, elle s’en va de la cuisine, sa nourriture protégée près du cœur.

Fondu noir.

2
Même cadre du début de la scène 1. Les vitres sales de la fenêtre nous abritent des grosses larmes d’une pluie funèbre. Dehors, la nuit noire, plus noire que jamais, lourde.

Même pano qui s’arrête plus tôt, sur la vieille, debout au milieu de la pièce, empoignant un vieux balai, fait maison, de sorcière.

Elle regarde partout et invite son ennemi à un duel Sur la table, on reconnaît la petite colline de croûte de pain.

Sur la longueur du plan, la vieille va changer d’attitude, perdre son courage, s’affaiblir, et finir pour s’asseoir dans un geste d’inexorable fatigue.

Fondu noir.

3
Même cadre (idem 1).La pluie est finie et le ciel commence à peine à prendre des colorations d’une aube qui s’annonce libératrice.

Même pana. La vieille, assise sur son canapé, regarde tendrement les miettes déjà humides, protégées dans ses mains, comme s’il s’agissait d’un petit oiseau orphelin, blessé, comme s’il avait besoin d’elle.

La vieille est désolée, comme seuls les condamnés peuvent l’être. Peut-être une larme épaisse, peut-être la cataracte, ses yeux sont vitreux, sûr de ce qu’il les reste à voir.

Une ombre envahit le cadre. Elle tourne sa tête lentement, comme que répondant à un appel. Presque résignée, la vieille essaye un sourire sans dents et sans rancune.

3.2 (insert)
L’insecte arrive par les murs dans un parcours sinueux et certain.

Vieille (off)
Comme les lignes que Dieu écrit …

3.3 (idem fin 3.1)
Et la vieille pose quelques miettes sur le dossier invitant l’insecte à manger avec elle.

Douce et difficilement, elle se lève et, pendant que l’insecte s’approche des miettes, la vieille se dirige à l’autre extrémité de la pièce, entre la table et l’armoire. Toujours sans attirer l’attention, la vieille tire une chaise qu’elle approche de l’armoire. En oubliant toutes ses arthroses et dans un effort olympique, elle grimpe sur la chaise.

3.4
Caméra démarre une montée en cadre très serré sur les pieds boiteux de la chaise, puis sur les pieds aussi boiteux en savates de la vieille, ses chaussettes qui essayent vainement de couvrir le trou dans les vieux collants épais, son corps tendu vers le haut, son menton poilu en avant, on dirait qu’il veut se coller au front fripé, la grimace hideuse. On suit son bras, sur le sommet poussiéreux de l’armoire et on tombe sur …une bombe aérosol, du temps de l’avant-guerre, posé sur le meuble.

3.5
Caméra placé derrière la bombe (en amorce). La main de la vieille entre dans le cadre, tâtant maladroitement, cherchant à attraper l’arme fatale. On sent l’équilibre faible, prêt à se rompre. Soudain, la main sort du cadre et est suivi par les sons, en off, du krach de la chaise, des vieux tissus qui se déchirent, d’un corps qui tombe lourdement par terre.

La caméra avance jusqu’au bout du précipice pour épier (“plongée-abîme” en pano vertical) le corps inerte de la vieille et le transfert de la vie qu’il apprivoisait aux mille particules de poussière, qui maintenant animées, se lancent à des voltiges argentés par les premiers rayons d’un soleil qui insiste en sortir de sa cachette.

4
Caméra placée idem scène l, en cadre plus serré sur la fenêtre. Ce sont les couleurs du matin qui vont envahir le cadre (travelling arrière), faisant fuir toutes ses ombres pointues et révélant, au fur et à mesure où les rayons de soleil envahissent l’intérieur de la pièce, un décor désormais en couleurs.

A la place du cadavre de la femme, on ne trouvera plus que ses haillons. Puis, on découvre le gros cafard sur le mur, en train d’inspecter les travaux.

Et, finalement, d’un des pieds des savates, on voit sortir un énorme papillon aux ailes bleus “lamé”. Le nouveau né les essaie avec élégance, avant de décrire un cercle, couronnant ainsi son rituel, et de s’envoler vers la fenêtre, vers le matin glorieux.

FIN

Fiche technique

Scénario et Mise en scène: Juliana Reis
Assist. Réalisation et collaboration à l’écriture : Gérard Maximim

Co-Producteurs: TB Productions e By Myself Productions

Producteurs: Charles Tibi et Juliana Reis

Prod. Exécutive: Serge Michel Weil

Image: Jeanne Lapoirie
Assistée par Alex Kaufman,

Décor: Bérénice Rubel e Leonardo Haertling
Assistée par Kareen Tragger-Lewis,

Scripte: Julie Lipinski

Ingénieur Son: Jean Paul Bernard, Dom. Lambert

Costumes: Olivier Bériot, Séb Peronne

Machino: Angelo

Electos: Nicolas Dixmier, Alex Gotowsky

Régisseur: Sébastien Peronne

Bouffe: Kareen Trager-Lewis

Papillons et Cafards: Jean Pierre Maricourt

Monteur: Clémence Lafarge

Casting: Madeleine Marie

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